Accident de Puisseguin : le second réservoir du camion non conforme

08 août 2017
Par Diane Charbonnel
Le Bureau Enquête Accident a rendu son rapport deux ans après cet accident entre un car et un camion qui a fait 43 morts. Il pointe du doigt le second réservoir du poids lourd, non conforme.

Ce sont nos confrères du Parisien-Aujourd’hui en France qui révèlent l’information ce mardi matin. Près de deux ans après l’accident de Puisseguin, le BEA–TT, le Bureau d’Enquêtes sur les Accidents de Transport Terrestre, a rendu son rapport. Il pointe notamment du doigt le second réservoir du camion impliqué dans l’accident. Ce réservoir additionnel de gazole, installé à l’arrière de la cabine du poids lourd, n’était pas homologué. Déjà en juillet 2016, la gendarmerie de Bordeaux avait conclu que l’incendie, qui s’était déclaré après l’accident, avait été intensifié par le carburant contenu dans ce réservoir supplémentaire.

43 morts et huit blessés

L’accident, qui s’est déroulé le 23 octobre 2015, avait fait la une de tous les journaux. Un véritable drame, puisqu’il s’agit toujours de l’accident de car le plus meurtrier en France depuis 35 ans. Il avait fait 43 morts et huit blessés. Selon le rapport, la collision entre le camion et le car s’était produite vers 7h30 du matin. À bord de l’autocar se trouvaient 49 personnes appartenant à un club du troisième âge. Sous la violence du choc, plusieurs centaines de litres de gazole, notamment contenus dans le réservoir secondaire du camion, s'étaient déversés sur les deux véhicules. Le carburant s’était alors embrasé provoquant l’incendie du camion et du car. Le feu est vite devenu incontrôlable.

Une faible résistance au feu

Pourquoi le feu s’est-il propagé aussi rapidement ? Toujours selon ce rapport, les normes anti-feu qui s’appliquent aux matériaux des autocars sont moins strictes que celles concernant les trains, les avions ou encore les bateaux. « La réglementation ne spécifie aucune exigence en matière de toxicité des fumées dégagées par la combustion des matériaux » expliquent les enquêteurs.

Le BEA-TT a édité cinq recommandations pour éviter qu’un tel drame ne se reproduise. Il propose de revoir ces normes anti-feu, d’installer une sortie de secours à l’arrière des autocars, de renforcer les mesures de désenfumage, d’installer un système d’éclairage de secours au sol (comme dans les avions) et, enfin, d’imposer un contrôle technique obligatoire pour tous les véhicules sur lesquelles un réservoir aurait été ajouté.