Baisse des contrats aidés : cinq postes menacés à la Banque Alimentaire de Bordeaux

Klervi Le Cozic
05 septembre 2017
Par Klervi Le Cozic
La banque alimentaire de Bordeaux et de la Gironde tire la sonnette d’alarme face à la réduction des contrats aidés annoncée par le gouvernement.

Jugés « coûteux » et « pas efficaces dans la lutte contre le chômage » par Murielle Pénicaud, la ministre du Travail, le nombre des contrats aidés va être progressivement réduit. Une annonce qui a sonné comme un coup de massue dans le milieu associatif et au sein des collectivités locales. Les protestations se multiplient, comme au sein du réseau des Banques Alimentaires. 

256 postes sont menacés à la Banque Alimentaire dont 5 sur le département de la Gironde. Dimanche, le premier ministre Edouard Philippe est revenu sur l’annonce en précisant que "la priorité était à l'aide alimentaire, dans l'urgence sanitaire et socialie, dans les foyers d'hébergement, dans l'accueil des enfants handicapés". Malgré tout, Jean-François Runel Belliard s'inquiète. Le président de la banque alimentaire deBordeaux et de la Gironde car si les contrats aidés sont supprimés, il ne pourra pas embaucher. "Mais on a absolument besoin de ces postes" martèle-t-il. "Ce sont des postes de logistique ou de chauffeurs de camions. Pour la plupart ce sont des gens qui ont dépassé les 55 ans et qui ne trouvent plus de boulot. Pour nous c'est capital de garder ces gens !" 

Jean-François Runel Belliard pense déjà à l'été prochain, car sans ces contrats aidés, cela risque de compromettre les distributions d'été, car les bénéficiaires sont chaque année plus nombreux. "Durant l'été 2016, 33 % de nos bénéficiaires étaient des personnes étrangères à nos associations. Cette année, je pense qu'on dépasse les 40 % ce qui a beaucoup alourdit le travail des bénévoles pendant ces distributions d'été. Si nous n'avons pas l'argent pour les contrats aidés on sera obligé de baisser la voilure" regrette le président de l'antenne girondine des Banques Alimentaires, qui craint devoir se séparer de membre du personnel "qui ont pourtant fait un travail formidable" tient-il à souligner. Résultat ? "on servira moins de monde et on ne pourra pas répondre à la demande, comme ça a été le cas cet été, de recevoir à peu près 40 % de gens inconnus de nos associations".

« La solution de demain, sur le long terme, ce n'est pas de l'emploi court terme précaire en contrat aidé », a dit la ministre du travail. Ecoutez la réponse du président de la Banque Alimentaire de Bordeaux et de la Gironde. 

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