Les actes homophobes sont plus nombreux en Gironde

10 octobre 2017
Par Diane Charbonnel
Plus de 1000 personnes ont été victimes d’actes anti-LGBT en 2016 en France. La Gironde fait partie des départements les plus touchés avec l’Hérault et Paris.

C’est la première fois que le gouvernement analyse et chiffre la violence dont sont victimes les personnes LGBT. Le ministère de l’intérieur a rendu son rapport la semaine dernière et il n’est pas forcément très encourageant. 1084 infractions homophobes ont été enregistrées par la police et la gendarmerie en 2016 partout en France. Les infractions subies par les personnes LGBT sont d’abord des injures et des outrages, à hauteur de 32 %, et des violences physiques, à hauteur de 24 %. 6 % des infractions commises sont considérées comme étant à caractère sexuel.

En tout ce sont 1020 personnes qui ont été victimes d’actes homophobes durant l’année dernière. 70 % d’entre elles sont des hommes dont la moitié à moins de 35 ans. « Ce nombre d’agressions est paradoxale puisque les mentalités ont bien évoluées en France, explique Jean-Christophe Testu, président du Girofard, centre LGBT à Bordeaux. Néanmoins, il reste quelques personnes qui sont encore viscéralement homophobes. » Ce nombre d’infractions recensées peut aussi s’expliquer par le fait que la plupart des victimes n’hésitent plus à porter plainte. « On atteint petit à petit le niveau réel de discrimination qu’il peut y avoir en France poursuit Jean-Christophe Testu. Nous incitons aujourd’hui encore les victimes à ne pas avoir peur de parler. »

Plus d’infractions en Gironde

Le rapport s’est aussi intéressé aux nombres d’infractions commises dans chaque département français. Plus de la moitié des crimes et des délits ont eu lieu dans les très grandes agglomérations. C’est d’ailleurs à Paris qu’on retrouve le plus de victimes d’actes anti-LGBT. Viennent ensuite les départements de la Gironde, l’Hérault, le Nord, le Rhône et les Bouches du Rhône. « Ce sont les départements les plus peuplés de France, explique Jean-Christophe Testu. Mathématiquement, il y a un lien. Plus le département est peuplé, plus les agressions sont nombreuses. On pourrait imaginer qu’une métropole est un lieu de mixité où toutes les sensibilités peuvent s’épanouir. Pas forcément. On constate finalement que la LGBT-phobie est partout, qu’il n’y a pas de lieux qui sont plus protégés que d’autres. »